Chronique pour enviedentreprendre.com

Que l’on parle (à taille humaine) d’e-commerçant ou de commerce de proximité, il faut bien reconnaître que les contours du job sont flous, c’est LE job multi job par excellence et un job que l’on apprend au fur et à mesure. Ces réflexions me sont venus en observant Nathalie passer de la vente à la compta en jonglant avec des commandes et des expéditions.

Dans la dernière chronique j’évoquais que j’avais envie de parler du nombre incroyable de métiers que doit apprendre à maîtriser un commerçant ou un e-commerçant “solo” . Et il y en a beaucoup. Pour ceux qui pensent avoir la fibre ou l’envie d’entreprendre dans ce domaine, je conseille quand même de « tâter le terrain », de s’exercer un peu sur chaque job et de beaucoup échanger avec des commerces existants.

Passé le cap de la création d’entreprise qui est déjà une étape qui nous emmène sur des chemins où le droit, les procédures, les finances sont de la partie, il faut bien faire fonctionner son commerce.

Le premier Job c’est celui de la disponibilité. C’est tout bête, mais le premier job c’est de consacrer du temps et de l’énergie et, éventuellement de ne pas avoir l’oeil rivé sur la montre, le commerce c’est une somme de détails consommateurs en temps. Pour tout petit commerce qui implique une reliation client (en temps réel ou à distance), il faut du temps et de l’homme. Enlevez ce facteur d’humanisation et les clients le percevront ou alors votre projet est beaucoup plus « large ».

Comment se répartit ce temps et cette énergie sur les jobs qui composent ce métier vieux comme le monde ?

Acheteur : c’est un mot un peu réducteur, car en fait il s’agit de prévoir ce qui va plaire dans votre commerce et de les amener dans votre commerce. Vous pourrez faire la plus belle boutique, si vos produits ne plaisent pas ou sont trop chers pour votre clientèle… ils ne se vendront pas. Du flair, des coups de coeur, une perception des prix, de la détection de tendance, imposer son point de vue, c’est un mélange de tout ça, à bien doser.

Gestionnaire de stock : Ensuite il y a à proprement parler l’achat des produits: d’abord le référencement des produits qui passe par le plus souvent par le référencement de fournisseurs (recherche, temps, énergie, déplacements, rendez vous, convaincre etc…) et enfin dans la vie de tous les jours, l’achat c’est aussi et surtout la prévision de stocks et donc de trésorerie, à moins que votre modèle ce soit la vente sans stock ou à la demande (là il faut savoir gérer les délais et les flux tendus).

Magasinier et tests qualité : Réceptionner, emmagasiner, s’organiser, ranger, prévoir l’étape d’après: c’est une étape qui semble tellement simple mais qu’il ne faut pas négliger. Un truc tout bête, si vous ne vérifiez pas ce que vous achetez, votre stock est d’avance faux et vous vous exposez à des plaintes de vos clients en cas de défauts qu’ils seraient amenés à constater une fois vos produits vendus et livrés et un risque de les perdre.

Merchandiser : Mettre en avant (vitrine, rayons, boutique physique) ou photographier (boutique virtuelle), décrire, préparer vos argumentaires, lancer une lettre d’information ou refaire des rayons et sa vitrine : on peut déléguer ou prendre cette étape à bras le corps, à un moment il faut quand même comprendre ce qui est fait et comment, apprécier et connaître vos produits sous toutes ses coutures pour bien vous les approprier et bien les vendre.

Vendeur ! Et oui le commerce c’est de la vente. Que vous vendiez du service, du conseil, des produits, en ligne ou pas il faut savoir reconnaître ses clients, savoir proposer, savoir conseiller, savoir écouter, savoir accompagner. Un commerce de proximité permet d’être plus en contact et de visualiser très concrètement les réactions des clients, au niveau du commerce en ligne c’est beaucoup plus difficile, mais entre email et téléphone, tracking et questionnaires il est possible de gommer les différences.

Logisticien : un domaine qui est plus souvent celui du commerce en ligne (quoi que…) où vous aurez à savoir exercer les métiers de la logistique (mise sous pli, picking, colisage, affranchissement) et aussi de diplomate (client à gauche en ligne, livreur à droite injoignable et personne ne veut se parler).

Gestionnaire : et puis oui, gérer les ressources humaines (les vôtres) au quotidien : comprendre la comptabilité, penser à la tva et autres déclarations, devenir un spécialiste d’Internet, comprendre les bugs que trouvent les clients, devenir un spécialiste des « flux » géographiques, faire des relations publiques, améliorer l’éclairage, revoir la circulation dans la boutique, gérer son propre quotidien (grippe, rhume, machine à laver qui tombe en panne…), bien présenter en boutique physique, créer une ambiance et l’entretenir…

J’ai du en oublier certainement, aidez moi à compléter la liste !

Voilà un sujet que je voulais traiter sans vouloir faire peur, mais bien sous l’angle où j’y vois une opportunité quotidienne d’apprendre ou consolider des savoirs, des expériences et de l’instinct. Une bonne dose d’écoute des clients permet de mesurer les écarts entre notre perception et celle de la clientèle. Cela permet aussi d’expérimenter beaucoup de choses, avec parfois des temps de mise en oeuvre très courts.

2 thoughts on “Commerçant : le job multi job.

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