8 mai 2021

500 euros pour numériser une TPE… chiche ou comment utiliser ce coup de pouce pour accélérer sur l’ecommerce.

C’est peut-être passé inaperçu, mais le ministère de l’économie offre 500 euros aux TPE / PME pour… (j’allais écrire digitaliser mais ça c’est trop « monde d’avant speak ») accélérer leur transformation numérique (non pipo pareil), bon… pour un coup de pouce tout simplement suite au 2e confinement et l’arrêt de pas mal de commerces de proximité “non essentiels”.

Previously on : rappel de l’idée de mon job d’après ? :
J’adore ? ce que fait ma femme : ça fait 15 ans que je la suis et donc l’idée est toute simple. Booster les ventes de son commerce physique (une petite boutique de déco et cadeau) et me rémunérer avec une commission sur la performance.

Son commerce c’était une boutique de centre ville, avec des clients qui appellent la gérante par son prénom et qui marchait bien avant cette année. Quoi vous n’avez pas suivi l’année version commerçants ? Ok :

“Arrêtez de travailler on vous aidera, sauf pour les loyers et vos factures, vite débrouillez-vous pour redémarrer on ne filera plus d’aide, ah mais faites des soldes, quoi des vacances ?, vite refermez votre boutique c’est dangereux, mais voyons faites du click et collecte c’est top, bon on compte sur vous pour sauver l’économie il faut réouvrir et vendre/travailler à fond pendant ce mois de Noël, quoi des soldes on va voir ? allez c’est tard mais c’est bien, Vite refermez…

Bref… c’est compliqué pour les commerçants. Imaginez au niveau des commandes fournisseurs, des extras de personnel etc. 
Et là boom, proposition de passer sur le net, de prendre des commandes en ligne, numérisez-vous au lieu de ne rien faire.

Retour sur l’histoire de Brocanteo devenu Indémodable :
Indémodable est une boutique qui est née d’un site internet Brocanteo qui, en pleine croissance avait eu besoin de places (à la maison c’était plus possible, embrouille de couple) pour stocker et expédier, et qui une fois le stock déplacé dans le local d’une boutique, on a vu que le commerce c’était 5 fois mieux que le e-commerce et on a laissé mourir (non pas mourir) de coté le site (enfin pas vraiment mort, le code fonctionne… toujours (16 ans…) mais le référencement est un peu mort et impossible de le mettre à jour… donc pas une bonne base pour repartir. Indémodable marchait bien et a toujours eu un site internet présentant les activités et l’offre de la boutique : déco + désign + cadeau et une petite newsletter (collecte en boutique).

Il fallait donc tout refaire. Un peu comme la plupart des commerces qui n’avaient pas jusqu’à maintenant de boutique en ligne ou de site.

Mais 500 euros… juste 500 euros, comment faire un site, le remplir de produits, le lancer pour 500 euros.

Et d’ailleurs… Pourquoi pas 5000 euros ? On donne bien des bonus pour la transformation écologique de la mobilité… Monsieur le ministre, une idée comme ça toute simple, la prime à la conversion numérique. Mais une sérieuse. En échange on rend les vieux flyers et les contrats pages jaunes.

Alors 3 possibilités pour investir et accélérer vers l’infini et l’au delà (j’exclue tout de suite de me pointer au ministère et demander les 500 euros au guichet de distribution des 500 euros bien sûr), et j’y ai réfléchi rapidement suite à l’annonce du ministre de l’économie Bruno Le Maire.

  • Option “startup digital” ? Investir tout dans du marketing en ligne : on avance l’argent, on met du kérosène dans le moteur, ça nourrit les caisses des géants du SEA / social, ça doit permettre de rapporter des ventes (allez ?), ça rapporte un peu bien sûr (attention aux coûts rapportés à la marge), soyons fous, on fait du trafic vers la page google business et instagram. Malin. MAIS, une fois les 500 euros claqués le robinet s’arrête.
  • Option “commerce agile” ? : Investir dans un shopify (ou équivalent) et des services additionnels : là vous “louez” et vous dépensez du temps pour constituer votre catalogue, prix d’entrée ça va, mais plein de petits frais additionnels, d’abonnements, de pourcentages se glissent dans la facture. Vous arrêtez ? Vous n’avez plus rien. Mais ça peut le faire. C’est “en gros” le velib de l’ecommerce. Plus besoin vous le rendez. Le lien avec le stock de la boutique? oh zut on verra plus tard. Le lien avec la banque ? hein quoi ?
  • Option “monde d’après — durable” ? Investir dans du code pour le site de ma femme. Quoi “monde d’après” ? mais ça c’est monde d’avant, un site, du code, s’embêter avec le html/css, un hébergement tout ça et autres joyeusetés ? Et puis obligé de faire du trafic quand même, pourquoi tu prends pas un petit shopify ? Non ? Quoi un truc open source vieux de plus de 10ans ? Il y a des trucs modernes.
  • Ouais, mais une fois mis en place… ça tournera toujours, ça s’améliorera, ça coutera peu de choses en hébergement, ça sera un actif de l’entreprise, votre base produit/client sera bien à vous. et puis j’avais déjà l’expérience du truc il y a 16 ans
    J’AI DONC PRIS CETTE OPTION?

? Ok donc avec 500 euros il faut “monter” un site, l’héberger, l’enrichir (fonctionnalités, contenus), connecter à la boutique etc. Je vais spoiler la conclusion, ça rentre pas. Mais hey, 500 euros de moins dans la facture finale c’est TOP.

Mes choix de sont portés sur du 100% Made in France ??
Presque (les paiements, mais c’est pas mort).

? Donc si vous passez par là voilà ce que j’ai fait et comment j’ai dépensé ces 500 euros virtuels (une précision c’est soit 0, 50, 100 ou 250 € je ne me souviens plus des montants précis) :

  • ? Hébergement chez Ovh Cloud : 100 € pour un an. Faut que je regarde pour les sauvegardes, j’avoue que l’actualité récente m’a rappelé qu’il faudrait en faire. Et puis un bon vieux ftp (CommanderOne), un disque ou iCloud (quelques euros par mois), la base de données. Pensez-y !
  • ? Le premier truc qu’on a fait c’est une “landing page”, une home page, une page d’accueil quoi. On la transformera un jour en dynamique, pour pouvoir la gérer à distance et faire des mises à jour via une appli ou le site. C’est notre fils Esteban qui s’était proposé et a fait ça pour ma femme.
  • ? Téléchargement de Prestashop, très bonne solution open source : 0 euros. En quelques clics vous avez le site et son site d’administration. A vous. Ensuite avec de longues heures vous paramétrer, actives, écrivez, publiez. et TADAM, votre première fiche produit est prête et vous testez de faire un achat.
  • ? Bon pour tester le processus d’achat, il faut… l’activation d’un compte paypal — parce que quand même paypal c’est simple et Stripe (parce que je voulais pouvoir proposer Apple Pay / Google Pay, résultat 0 ventes avec) : 0 €, frais et commission pris sur chaque transaction, oui quand vous achetez sur un site en ligne sachez que le commerçant ne touche pas le montant que vous payez (et d’ailleurs il donne aussi 20% du montant total à l’état). Modules gratuits à télécharger. Bizarrement c’est plus complexe qu’il y a 16 ans, on n’a rien compris mais le 2e compte paypal n’est toujours pas validé/opérationnel. On va régler ça.
  • ? Achat d’un module pour connecter le logiciel de la boutique à Prestashop via un webservice : 250 €
  • ? Téléchargement d’un module permettant de gérer les expéditions et étiquettes Coliposte (Génial) : 0€
  • ? Achat d’un template génial top : 50€ qui fait tout mais que je n’arrive pas à bien paramétrer donc du coup que je n’ai pas utilisé. J’ai préféré partir du thème de base et optimiser à la main.
  • ? Achat d’un module permettant de gérer la boutique depuis une appli iPhone (j’avais vu ça sur Shopify et ça a permis à ma femme de démarrer des fiches directement depuis son magasin) : 50 €.
  • ? Achat d’un module pour connecter prestashop à Facebook / Instagram : 50 € (depuis il y en a un gratuit) car j’ai aussi — et c’est un échec — essayé de jouer le jeu de Facebook / Instagram et monter un Instagram Shopping. Je n’ai pas compris, mais en gros 1/ le compte instagram était trop “jeune” (pas assez de fans, pas d’investissement.
  • ? Là j’envisage d’acquérir 2 ou 3 modules pour connecter prestashop à des places de marché (#marketplace) comme ebay ou amazon : prévoir 250 € par module pour que ce se soit synchronisé et que si un produit se vend sur un site il ne soit plus proposé en boutique et sur un autre site en disponible.
  • ? Modules de newsletter, on utilisait depuis des années Madmimi?? qui avait une chouette interface wysiwyg mais on va probablement utiliser un mailjet ou Sendinblue qui offrent des modules prestashop et sont ??
  • ? Enfin, je ne désespère pas d’acheter des modules pour connecter le système de paiement de la banque de ma femme à la boutique et… proposer le paiement en 3 ou 4 fois sans frais (pour l’acheteur).

? Donc le budget de 500 euros a été un peu vite cramé (en pratique non, en théorie oui). En gros il faut le double ET ensuite on revient à l’option 1, il faut s’attaquer aux sujets de la création de trafic, des contenus, . Et du temps, quelques connaissances, l’envie d’avancer et de faire. Mais c’est là et ça va durer, et très important, je sais maintenant le refaire, aller plus vite, le proposer pour d’autres. D’où une idée qui prolonge l’idée de mon job d’après.

? MES CONCLUSIONS

Finalement je me dis que j’aurais pu céder aux sirènes des solutions hébergées (Shopify, Wizishop, Kiubi, Wix, mais aussi des solutions internationales Webflow, Bigcommerce, Bigcartel etc), et que l’on aurait pu accélérer sur les pages produits ou la création de trafic, mais en fait refroidi par Shopify où il fallait payer pour tout (et pas trouvé de connexion aux banques françaises…), j’ai préféré cette option je fais j’apprends, d’ailleurs la création des fiches s’est faite “pendant” les travaux sur le site et il n’y a plus qu’à basculer le trafic de l’ancien site vers le nouveau, revoir la page d’accueil, revoir le référencement, envoyer une newsletter aux clients (du site en ligne et de la boutique).

Pas vraiment lancé mais opérationnel lors du 2e déconfinement, cela a permis quelques ventes qui ont… remboursé l’investissement. La paperasse ne s’est évidemment pas faite pour les 500 euros (on se connait) et on est contents de ce bricolage familial en mode garage sur un coin de table le weekend dans la boutique. Il me reste plein de choses à faire ce sera en mode best effort avant le mois prochain.

Donc c’était un peu de travail et ça va durer, et ça c’est très important, je sais maintenant le refaire, aller plus vite, le proposer pour d’autres. D’où une idée qui prolonge l’idée de mon job d’après ?

? MON 2e CONSEIL: si vous n’avez pas de compétences techniques et très peu besoin de vous interfacer avec l’existant, foncez sur Shopify ou Wizishop, ce sont les deux meilleures solutions – meilleures au sens où vous êtres pris par la main pour avancer – que j’ai pu tester. Shopify va jusqu’à fournir un poste de vente pour votre commerce, mais techniquement je n’ai pas vu comment s’interfacer avec des solutions françaises ou facilement avec un autre logiciel de point de vente. Ce sera probablement un avantage de Wizishop qui semble s’intercaler facilement avec toutes les solutions bancaires du marché français ou les expéditions de colis, et qui a tout de prêt pour du click & collecte.

Je comprends parfaitement que ce n’est pas simple et que tous les commerçants ne peuvent s’engager dans la voie où il faut acquérir autant de compétences sur l’ecommerce tout en gérant leur avenir au jour le jour, dans l’espoir de réouvrir.

Un dernier point: Pensez aux plateformes, aux places de marché. Cela peut demander un traitement manuel, mais cela peut permettre de déstocker et vous faire une clientèle qui ne vous connaissait pas.

BE GOOD !

Ps : très tenté de glisser un code réduc sur www.indemodable.com, si vous voyez quelque chose qui vous plait, essayez donc avec le code BEGOOD10

Ps2 : je ne mentionne pas les plateformes qui se sont montées, ville par ville, pour permettre de faire rapidement une petite boutique en ligne ou devanture en ligne. A ce titre la plus belle solution c’est la plateforme https://fairemescourses.fr/

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