Le brouillon est un concept intéressant, page de brouillon, mode draft, projet jetable, durée déterminée, le brouillon fait partie de notre vie, on travaille en réfléchissant ou le contraire, on avance sans risque ou presque, et en numérique cela concrétise comment ?

Lorsque les gourous de l’interface ont tout inventé (c’est à dire le menu fichier et le menu éditer), ils ont inventé « enregistrer sous » et « annuler ». Dès lors le mode brouillon numérique a été inventé.

De mon coté j’en ai plusieurs : pour un article ou une idée j’attaque directement dans ecto ou textedit, voir mieux lorsque je veux que le futur copier/coller du passage au mode « riche » soit bien fait : subEthatEdit et omnioutliner (depuis peu omnigraflle directement) !

Ensuite il y a le mode avancé du mode brouillon c’est lorsqu’on commence à sortir les crayons de couleur, là tout se termine dans un logiciel avec plusieurs version, mais le noyau dur de la réflexion s’efface au profit de l’enjeu de la restitution et de son appréciation. Par exemple un texte important je le conçois en mode texte (mail ou textedit) puis le colle dans pages pour que le texte épouse les styles pré-définis dans un gabarit qui n’évolue plus. Cette contrainte mise de côté on sait bien que beaucoup démarrent dans Word et se lâchent sur les styles au fur et à mesure (et on perd le sens du style).

Pour la photo numérique c’est simple : on multiplie les tentatives de réglages sur la même photo et on regarde l’aperçu du résultat sur l’écran. En vidéo c’est un peu la même chose. Avec en plus l’ambition de pouvoir corriger pour les plus experts sur son ordinateur (mais nous ne sommes pas beaucoup visiblement vu le nombre d’offres de développements directs ou de photos développées à yeux rouges que nous croisons. Cette ambition est un voeux pieu quand il s’agit de la video : le montage réel prend du temps, les constructeurs de graveur de DVD de salon l’ont vite compris : la prise firewire qui équipe la plupart des modèles est bien là pour contenter notre appétit d’archivage et de rediffusion.

On mesure l’écart entre notre génération numérique et les outils précédents ou il fallait attendre (avec crainte) le développement de la pellicule ou du film. La VHS puis la video portable ont tout modifié.

Aujourd’hui le mode brouillon consiste à « viser » dans un écran. On ne prend plus de photos ou on ne filme plus l’oeil rivé à un objectif en se concentrant sur quelques réglages, on vise le bras tendu et l’oeil rivé sur le résultat. Est-ce que le résultat ne nous influence pas ?

Du coup je me suis demandé où se situe notre véritable réflexion, dans le résultat ou le brouillon et n’existe-t-il pas maintenant une réflexion temps réel dans le résultat incluant le brouillon. Un peu comme le grand photographe qui réfléchissait avec un polaroid à la main et en regardant ses tirages avant de prendre « La » grande photo (bien sûr prise 50 fois). Mais c’est tellement bon de se tirer d’une réflexion, de prendre un papier et noter.

Prenons le cas d’une après midi issue d’un bon repas, la réflexion épouse une bonne discussion et les idées fusent, les écrans lcd actuels ne permettent pas une bonne utilisation en plein soleil et même parfois à l’ombre les contrastes ne sont pas suffisants.

Alors qu’une bonne feuille de papier et un feutre…

Toute ressemblance avec un après midi qui sentait bon la sieste serait fortuite.

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