I have a dream (numérique) : le numérique est au coeur des débats sur le piratage des oeuvres d’artistes. Mais on n’évoque pas que l’on a basculé dans un immatériel avec moins de saveur. Alors je vais écrire ce dont j’ai envie.

Le problème dans l’immatériel numérique, c’est que l’on n’est plus vraiment attaché à un bien matériel (un support), qu’on ne monte plus en gamme (parfois on régresse, le coup de la sonnerie de téléphone), qu’on finance le support (mon disque dur, taxe support copie privée, mon accès internet). Oui je sais cela semble tiré de « Lapalisse se ballade au pays du numérique », mais réfléchissons-y bien : on achetait, on achète beaucoup moins, et on aime toujours autant les nos artistes.

Ce qui m’a fait tilter c’est des remarques lues de ci de là sur le streaming (beurk), hadopi et un article dans Le Monde (ici) qui évoque que les plate-formes de musique en ligne (vente, streaming, streaming gratuit financé par la pub) ne vont pas bien bien (à part iTunes) tout ça bien que les drm ne soient plus tout à fait au rendez-vous (ce qui est très bien).

Depuis l’apparition des premiers enregistreurs et des premiers supports magnétiques on a pu copier (je ne vais pas vous reparler des disquettes par La Poste… mais presque). Quand on était « au temps du CD » (et j’ajouterai LaserDisc (petit clin d’oeil à une poignée de gars qui me connaissent) et DVD), l’accession au bien matériel était valorisante : meilleure qualité, beau produit durable. Bien sûr on pouvait se contenter du niveau inférieur (enregistrer la radio ou recopier un disque sur une cassette), mais on était toujours tenté par le niveau supérieur et à un moment quand on aime… Je sais j’ai (r)acheté en LaserDisc (puis DVD) des films découverts sur des K7 usées sur lesquelles étaient enregistrées des copies de films passés à la télé je ne sais où (vous imaginez qualité). Et en parallèle j’étais super fier le jour où j’ai réussi à faire ma première compil de musiques sur CD (à l’époque où ça coutait 50 F le cd vierge), en rajoutant un petit fichier son à moi en intro et un morceau enregistré à la mano depuis un LaserDisc.

Que nous propose-t-on aujourd’hui, soit de posséder un fichier (qui peut s’effacer ou se télécharger… ailleurs, de bonne qualité la plupart du temps), soit un temps d’usage (streaming, beurk, visionage limité dans le temps). Bref… presque rien. Pourtant, la qualité du fichier n’est pas exceptionnelle comparée à ce qui se vend. Sauf que c’est plus rapide d’accéder à un fichier ailleurs qu’attendre la dispo ou d’aller chercher le support…

Le monde a changé, il faut le comprendre. Là encore je pense, comme pour le livre, que le modèle payant devrait concilier le produit matériel tiré vers le haut et le produit immatériel pour les besoins en mobilité et pour éviter la question, en revoyant les prix et pour ce qui concerne la vidéo, et en revoyant le circuit de distribution de fond en comble (accrochez vous).

Il faut agir là où ça fait du bien, pas là où ça fait mal :

 Prenons un exemple, mettez le film à 7 ou 9 euros sur iTunes et si je l’achète je reçois le dvd. boom. Prenez la série télé US qui passe en ce moment là bas, mais pas ici, j’achète un abonnement de la saison (9 euros), je reçois chaque semaine le fichier et en fin de saison le dvd. boom. Pour la musique, mettez à 5 euro l’album (et le single à 90 centimes, déduit du prix de l’album of course), je l’achète, je reçois le CD.  Prenons un concert, j’y vais, j’ai un code sur ma place, je le tape sur iTunes, je reçois le disque, j’ai les fichiers, j’ai un rabais sur le film du live d’une autre ville. Si je ne suis pas « chez moi », en ligne je peux écouter mes titres ! Et si je veux les mettre sur une PSP, mon iPhone je peux.

J’ajouterai qu’en plus il faut qu’il y ait une option pour lire ça en HD sur nos box télé en live (j’ai acheté le support numérique rappelez vous, pourquoi devrais-je repayer une autre fois le support numérique d’une oeuvre). Mettez une option à 2/3 euros pour avoir un produit « riche » (super habillage du DVD, suppléments etc…) et un droit de redif en ligne d’extrait de 30 secondes, on est en plein dans les vrais besoins des clients. Pourquoi la redif privée  Parce que j’oubliais : seul dans notre coin, la recommandation qui se fait de P2P (pote to pote) sur des titres, des artistes, se fait de moins en moins.

3 thoughts on “Le numérique c’est bon, mangeons-en.

  1. Bien sûr j’écris ça après m’être pointé voir OSS double 1 7 au cinéma Samedi soir sur les champs elysées, avec des places tarif réduit périmées, et donc on a payé 11 euros la place… et avoir vu que l’album de Depeche mode qui sortait Lundi était dispo dimanche « online »…

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